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Le volume est un mensonge

Que se rappelle-t-on d’un espace après l’avoir traversé ? Est-ce sa forme ou les sensations qu’il a fait naître en nous ?
La façon dont la lumière pénètre un volume, la réverbération du son dans celui-ci, le mouvement de l’air qui y circule, sont autant d’éléments qui jouent sur la perception de l’espace.
Bien que ces phénomènes découlent de l’espace, ce sont souvent eux, dont notre mémoire se charge, qu’on invoque pour se faire une image a posteriori d’un espace qu’on aurait d’ailleurs du mal à quantifier.

On pourrait dire « Le plan est un mensonge, seul le volume compte », mais il serait encore mieux de dire « Le volume est un mensonge, seuls ses répercussions comptent ».

Je me rappelle d’un ami me racontant la visite qu’il venait de faire d’un appartement. Au cours de la discussion il prend un stylo et commence à en dessiner l’agencement. Apparemment l’une des pièces était bien plus grande que les autres. Ce n’était ni le salon ni une chambre mais une sorte de dégagement, de boudoir, en réalité bien plus petit que représenté dans son dessin. Il lui avait plu pour sûr et me décrivant à quel point on s’y sentait bien, me donna effectivement l’impression d’un monde plus vaste que l’appartement dans sa totalité.

Pour une personne ayant les mains dans la conception, dans la réalisation, ce constat est à la fois troublant et excitant.
Car bien que les recherches, les études, les travaux, mis en œuvre à chaque étape et jusqu’à l’objet fini, ne soient pas directement visibles, ce sont pourtant eux qui sont à l’origine de ce que nous fera ressentir l’œuvre.