François Machado - Hypèthre - Arche de Ctésiphon
Hypèthre - Arche de Ctésiphon - Fibres, polymères - 60 x 80 cm


Communiqué de presse de l’exposition « Hypètre » :

Le mot hypèthre désigne un édifice à ciel ouvert. Bien au delà d'une constatation factuelle, François Machado nous invite ici, à travers cette série d'œuvres, à sensibiliser notre perception des édifices dont le long voyage à travers les années, les siècles, les millénaires même, a magnifié la puissante ossature.
Qu'il s'agisse du temple de Bacchus à Baalbeck au Liban, du temple de Mnajdra à Malte ou du Grand Kyz Kala dans l'actuel Turkménistan, il est question de bâtiments ayant été édifiés pour remplir certaines fonctions mais dont les majestueuses ruines prises dans ce prisme du temps, nous autorisent une réappropriation toute poétique où l'imaginaire de celui qui regarde se mêle à la mythologie du lieu.
Ici, la couleur, les charpentes, les tissus, les cordages ne sont plus là et pourtant sont sur le point de renaître en nous. Dentelle d’éléments délicats qui se recompose à travers nos aspirations et qui, tout en étant guidée par de robustes édifications, s’imprègne de l’air du temps.

Après avoir rendu hommage à la notion d'espace (série « Espace et vide », en 2013), à la lumière (série « Lumière volumique », en 2014), aux grandes réalisations et projets de ses pairs (Viollet-le-Duc, Boullée, Auguste Perret) et aux premières architectures cisterciennes (exposition « A jour », en 2017), c'est bien au Temps que François Machado, architecte de formation, rend aujourd'hui hommage à travers cette exposition.

Dans cette perspective il recouvre la surface de ses pièces d'une matière fine et légère qu'il frotte pour faire apparaître les bâtiments avec lesquels elle est imbriquée. Il obtient une nouvelle matière qu'il réapplique sous la forme d'une émanation granuleuse et mouvementée, laissant rêver les esquisses de projets qui commencent à se composer : l'entremêlement dans le temps de ce qui perdure et de ce qui disparaît...